Ecrire un roman : construire un scénario

Écrire un roman s’apparente à la construction d’un scénario d’une part dans l’organisation du travail et d’autre part lors de la rédaction de votre histoire.

En effet, vous êtes convaincu que vous avez trouvé l’idée du siècle, celle qui vous mènera droit en tête du top 100 des ventes sur la plateforme Amazon. Vous avez peut-être raison de vous emballer, mais avant de vous lancer tête baissée dans la composition de ce récit merveilleux plusieurs étapes s’avèrent indispensables pour garder le cap jusqu’à la fin de cette aventure. À partir de ce moment, votre ligne de conduite doit s’insérer dans une vraie organisation.

I — Les étapes.

  • Écrire votre histoire en quelques pages

D’abord, écrivez votre fiction en quelques lignes ou en quelques pages. Puis reprenez ce premier jet pour le compléter de façon qu’un lecteur puisse comprendre l’intrigue principale, les interactions et les enjeux entre vos différents personnages et les changements qui s’opèrent chez votre héros.

  • Étoffer votre concept.

En effet, avant d’aller plus loin, assurez-vous que vous possédez la matière nécessaire à l’intégralité de votre récit. Comme je l’écrivais en introduction, vous êtes convaincu d’avoir déniché l’idée du siècle, mais tous les concepts ne deviendront pas des romans.

C’est pourquoi avancer tête baissée dans la rédaction de votre histoire représente une erreur. Vous risquez de vous arrêter précipitamment parce que vous n’avez pas assez approfondi votre intrigue. Vous ne saurez plus vers où vous dirigez et vous manquerez cruellement de matière pour créer votre univers et donner corps à vos personnages.

Vous devez vous astreindre à effectuer une phase de documentation, de reconnaissance… Appelez là comme vous voudrez, mais elle doit vous offrir les éléments pour imaginer tous les tenants et les aboutissants de votre concept ou de votre idée. Toutes ces recherches vous permettront de donner une réelle cohérence à votre récit.

  • Construire votre univers

Cette rubrique peut paraître étonnante pour ceux d’entre vous qui écrivent des histoires réalistes, mais la fantasy et la fiction d’anticipation ont le vent en poupe et dans ces genres la création d’un monde s’avère indispensable.

Toutefois, même pour les auteurs de romans dont l’intrigue se déroule dans notre société actuelle, situer différents éléments se révèle nécessaires. Un Américain ne vit pas pareillement qu’un Français. La géographie, le passé, la civilisation et la culture d’un pays influencent obligatoirement le contexte du récit.

Je ne vais pas m’étendre ici sur ce vaste sujet qui fera l’objet d’un futur article.

  • Construire vos personnages

Comme l’édification de l’univers dans lequel se situera votre intrigue, la création des personnages fera également l’objet d’un article très prochainement.

  • Structurer votre histoire

Avant même d’écrire le premier mot, interrogez-vous sur la fin que vous voulez offrir à cette histoire. Vous ne devez pas juste pouvoir dire si elle sera joyeuse ou triste, mais principalement si votre personnage central réussira ou non à atteindre son objectif et dans quelle mesure cette intrigue l’aura transformé.

Ensuite, vous reprenez le début de votre roman et vous identifiez, vous décidez de l’événement, de la période, de l’action qui va enclencher le commencement du changement chez votre héros. Puis de tous les moments clés qui le feront progressivement basculer vers le dénouement de l’aventure.

  • Créer les différentes scènes

Après cette étape de structuration, vous possédez les grandes lignes nécessaires au découpage en différentes scènes de votre histoire. À ce stade, vous n’avez pas encore réellement rédigé. Vous vous contentez de planter le décor.

Pour chaque scène ou chapitre, vous placez le lieu de l’action, les protagonistes, les raisons de l’avènement de cette situation, le rôle de chacun des personnages. De cette façon, vous enchaînez en résumant pour atteindre le mot fin de votre récit.

II— La rédaction de votre histoire ou de votre scénario

  • Pourquoi une écriture de scénario ?

Non, je ne suis pas en train de vous annoncer que vous devez rédiger votre roman en décrivant toutes les scènes comme si vous les visualisez sur un écran. En revanche, vous devez écrire des choses qui peuvent se voir. Et je vous assure que cet exercice n’est pas très compliqué. Quelques petits exemples vous permettront de mieux appréhender le concept :

  • Si vous indiquez : « Charlotte est triste », croyez-vous que cela peut se remarquer ? Non. En effet, son émotion reste interne. Elle peut être détruite et aucun signe extérieur ne le montre. En revanche si vous précisez : « Charlotte pleure », là nous pouvons percevoir sa souffrance et sa manière de gérer sa douleur.
  • « Il faisait beau ». Je suis Bretonne, pour moi, il fait beau quand il ne pleut pas. Est-ce que les habitants du sud de la France définissent pareillement une belle journée ? J’en doute. Mais si j’écris : « le soleil se reflétait dans la mer turquoise. Les voiliers peinaient à avancer, l’absence de vent les ralentissait. Les parasols envahissaient les terrasses et la plage qui longeait la ville. », ne sentez-vous pas plus l’ambiance estivale ?

En fait, je veux vous faire comprendre que vous devez afficher plutôt que dire. Vous devez créer et incarner vos personnages et les inclure dans une mise en scène. Vous disposez de bien plus d’outils que le scénariste puisque vous pouvez vous servir des 5 sens, alors que lui est limité à celui de la vue. Pour montrer l’angoisse, le cameraman peut zoomer sur les mains tremblantes du héros ou sur son air fermé. Vous, vous pouvez expliquer que la gorge de votre protagoniste est obstruée par une boule, qu’il peine à respirer, qu’il sent la sueur couler dans son dos. Toutes ces manifestations physiques permettent de mettre le lecteur dans la peau de votre personnage, alors que les seuls mots, « Pierre est anxieux », ne transmettent aucune émotion.

  • Les dialogues et le récit en lui-même

Dans le cadre de toutes les phases d’organisation précédentes, vous avez posé tous les éléments pour que votre histoire tienne la route.

Maintenant sur la base de cette organisation et en vous rappelant que vous devez montrer et non pas affirmer, vous pourrez vous concentrer sur la rédaction proprement dite de votre roman. Vous avez où vous allez.

Cela étant, un récit représente aussi une tranche de vie et vous pouvez ressentir le besoin de changer ou d’adapter certaines scènes, ne vous censurez pas. À ce stade, votre objectif reste uniquement d’arriver à écrire un premier jet. Pour vous aider, vous devez suivre la structure et les différents chapitres que vous avez construits précédemment, mais ne vous empêchez pas de faire bouger votre canevas. Votre travail antérieur ne doit jamais couper votre inspiration au contraire, il doit vous permettre de vous libérer et de vous éviter de vous perdre. Il sert de fil rouge, pas de carcan.

  • Réécrire

Des retours de lecture de personnes de confiance à qui vous aurez transmis votre premier jet et qui sauront vous orienter précèdent évidemment cette étape cruciale.

Ne vous contentez pas de l’avis de Tata Annie ou de votre grande sœur qui vous aime trop pour ne pas vous ménager. Essayez de trouver des lecteurs habitués à ce type d’analyse et avec lesquels vous n’entretenez aucun lien affectif. En effet, vous recherchez des critiques plus pointues qu’un simple « j’ai passé un moment agréable ». Vous avez besoin d’interlocuteurs capables de mettre le doigt sur les bonnes et les mauvaises choses de votre récit.

Une fois que vous possédez ces quelques analyses constructives, il vous reste à retravailler votre tapuscrit en incluant ou non (n’oubliez pas que ce roman reste le vôtre et que vos partenaires n’ont pas toujours raison) toutes ces remarques.

Puis probablement que vous vous relirez encore une fois et peut-être plus. Vous réétudierez chacune de vos phrases en quête de la faute d’orthographe ou de syntaxe. Vous transmettrez votre manuscrit à un correcteur professionnel, mais sachez qu’à un moment, vous serez obligé de vous confronter à la réalité :

Vous avez fini ! Vous êtes arrivé au bout de ce grand projet ! Bien sûr, vous ne cessez de vous répéter que vous pourriez faire mieux. Mais rappelez-vous que la perfection n’existe pas dans ce monde et mettre un point final à votre roman implique également beaucoup de courage. En effet à ce stade, vous allez être obligé de sortir de l’ombre.

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