La solitude de l’écrivain

La solitude de l’écrivain apparaît comme une difficulté à surmonter et pourtant beaucoup d’aspirants en rêvent pour enfin créer. Mais parallèlement, les grands projets d’écritures de certains sont bloqués face à la peur d’être seul. Ils se laissent absorber par un quotidien bien rempli et ne trouvent pas le temps pour se saisir de leur stylo. Ce manque de disponibilité peut parfois aussi ne représenter qu’un prétexte.

Dans la pensée commune, les activités artistiques riment avec solitude Peindre, écrire, dessiner, composer de la musique consiste à extraire de notre conscience des idées et des émotions qui nous appartiennent.

Pour l’écriture, l’apprenti auteur peut toujours s’intégrer à des ateliers, mais ces expériences communautaires resteront éphémères. Elles lui offriront des clés pour progresser, mais elles n’aboliront pas l’essence de cet art qui s’ancre dans une envie personnelle et unique.

La solitude de l’écrivain ne se résume pas à sa présence hésitante devant ses feuilles blanches ou son clavier d’ordinateur. Elle s’étend sur toute sa vie et quelquefois encore plus en dehors des séances proprement dites d’écriture.

  • La peur du vide

Je crois que tous les écrivains ont un jour ressenti une forme de vertige devant l’étendue du travail à fournir et l’incapacité de formuler clairement les idées qui se bousculent dans notre tête.

Aimer écrire n’implique pas toujours que les mots coulent à flots. Dans ces moments-là, les questions s’entassent :

  • Je connais mon sujet, mais par où dois-je l’aborder ?
  • Comment dois-je énoncer cette pensée ?
  • Quel adjectif concrétiserait le plus justement cette émotion ?
  • La réaction de mon héros paraît-elle logique ?

Et la liste pourrait s’allonger. Comme vous pouvez le constater, l’écrivain se trouve constamment face à des écueils. Mais à la différence de beaucoup de métiers qui se pratiquent en équipe, il est seul. Écrire un roman demande de respecter une cohérence dans le déroulement des événements et de créer des liens entre les personnages. Cette construction peut être mise en parallèle avec celle d’une enquête. Mais les policiers n’œuvrent jamais seuls. Ils échangent entre collègues, ils confrontent leurs perceptions. De ces analyses communes naît souvent la lumière.

Faute de partages, beaucoup d’écrivains débutants abandonnent leurs histoires dans le fond de leur disque dur ou dans celui de leur tiroir. Le découragement les envahit. Ils s’enfoncent dans une spirale de l’échec. Plus ils se dévalorisent et, moins ils osent se tourner vers un lecteur-test bienveillant. Pourtant ce dernier ne manquerait pas de leur donner foi à nouveau en leurs capacités.

Écrire peut ne pas représenter uniquement une activité solitaire : solliciter un soutien aide à réaliser ses rêves.

  • Être seule face à son rêve

Cette solitude se révèle probablement encore plus difficile à porter que celle face à la page blanche qui recèle des tonnes de promesses. En effet, rêver d’une vie future différente axée autour de sa passion paraît irréel.

Je l’ai vécu, je peux vous décrire cet isolement.

Quand j’ai enfin osé prendre la plume et m’autoriser à écrire les premiers mots, je ne me hasardais pas à imaginer un changement radical d’existence. Ce choix engagerait y compris ma famille. Puis-je me permettre de tout quitter pour me lancer dans cette aventure ? Que se passera-t-il si mes histoires ne plaisent pas ? Cette raison qui me rappelait que les factures continueraient à tomber me poursuivait. Ai-je le droit au nom de mon épanouissement de mettre en péril les finances du foyer ?

Mais pour autant, tous les jours, quand je montais dans ma voiture pour me rendre sur le lieu de mon travail alimentaire, je me sentais encore plus seule. Pourquoi ne pouvais-je pas me contenter de ce que j’avais ? La plupart de mes collègues semblaient mener leur petit bonhomme de chemin sans se torturer avec toutes ces questions existentielles qui me submergeaient. Je savais que je perdais ma vie à la gagner, mais comment pouvais-je sortir de ce marasme ?

Le peu de fois où j’ai tenté de parler de mon rêve, j’ai reçu des réponses évasives et j’ai compris que mes interlocuteurs me prenaient pour une illuminée. J’étais vraiment seule dans mon monde.

  • L’incompréhension de l’entourage

Rapidement, j’ai compris que lorsque je me risquais à exprimer mon envie de pouvoir un jour vivre de l’écriture, mes amis, mes collègues, ma famille doutaient fortement de la faisabilité de mon projet.

Imagine un beau dimanche ensoleillé entouré de tes proches dans un jardin fleuri. Portée par la douceur des lieux, tu te laisses aller à évoquer ton rêve de changer de vie et là, les remarques que tu t’es déjà formulées intérieurement te claquent au visage :

  • Peu d’écrivains arrivent à vivre de leur plume
  • Tu te lances dans un sacré défi
  • Commence par écrire un best-seller !
  • Le salaire de ton mari ne suffira pas à payer le crédit de la maison
  • Pense à tes gamins.

Je vous ai gardé celle-là pour la fin parce qu’elle représente le meilleur outil de culpabilisation pour rogner les ailes. Après ces phrases d’encouragement, tu te sens terriblement seule. Tu rêves de t’envoler et en quelques mots, les gens qui sont censés t’aimer t’écrasent au sol sans aucun ménagement. De plus, comment ne pas prêter une oreille attentive à leurs remarques puisqu’elles sont déjà ancrées en toi ? Tu finis cette belle journée de printemps honteuse de ton inconséquence et ramenée à ton métier actuel qui ne te plaît pas, mais qui nourrit toi et ta famille. Seule, l’imaginaire massacré.

Puis le lundi matin, en remontant dans ta voiture, tu prends conscience que ton entourage ne mesure pas l’impact de ses mots destructeurs et que tu ne dois pas t’approprier leurs peurs. Ils te déversent leurs angoisses, mais toi tu veux y croire. Certains écrivains réussissent à vivre de leur plume. Pourquoi pas toi ! Tu te mets en quête de quelqu’un pour te soutenir.

Tu connais tes responsabilités et tu ne souhaites pas prendre de risques inconsidérés, mais tu refuses de supporter des regrets. Tu peux y arriver. Tu le sais.

  • Refuser cette solitude

Tu ne dois pas te laisser abattre. La solution implique de se battre et pour cela, le plus sûr chemin consiste à en parler. S’extraire de cet isolement est capital. Solliciter le soutien de ses proches, expliquer qu’avec leur aide, tu es convaincu que tu pourras mener à bien ton projet et vivre enfin comme tu le souhaites. Ton entourage doit entendre que sans leur appui, concrétiser tes rêves s’avère encore plus compliqué.

Tu as besoin de quelqu’un qui croit en toi et qui te regonfle les jours où tu te laisses envahir par le doute. Pour toi l’écrivain en devenir peut-être que parler paraît moins évident qu’écrire, mais tu ne peux pas l’éviter. Les gens qui t’aiment te comprendront si tu te donnes la peine de leur expliquer.

Si malgré tous tes éclaircissements, tu n’arrives pas à trouver le soutien que tu attends, tu auras au moins essayé.

Mais maintenant, tu dois t’orienter vers de nouvelles directions et chercher à sortir de ta solitude par d’autres chemins, je te propose plusieurs pistes :

  • Tu peux te tourner vers des personnes qui comme toi tentent ou vivent de leur passion. Des artistes, des auteurs ou des entrepreneurs qui passent par les mêmes doutes que toi et qui se battent pour réaliser leur rêve. Tu te retrouves dans la situation de mon policier qui partage avec ses collègues pour faire avancer efficacement son enquête. Tu n’es plus seul.
  • Cesse d’attendre les conditions idéales pour te lancer. Quelle que soit ton approche de la solitude, qu’elle représente un avantage ou un inconvénient pour toi, oublie-la et concentre-toi sur ton objectif.
  • Change d’air ! Va écrire ailleurs que dans ta maison ou ton bureau. Installe-toi dans un café ou dans ta voiture face à un superbe paysage envahi d’estivants. A contrario, offre-toi une semaine de vacances en hiver dans une île désertée par les touristes ou une retraite dans une abbaye.
  • Ne t’assomme pas en t’attachant à des objectifs trop ambitieux qui t’obligent à t’isoler trop longtemps. Fixe-toi un nombre de mots par jour et dès ta rédaction terminée rejoins la civilisation. Écrire s’apparente au travail d’un athlète. Après une blessure, les grands sportifs ne reprennent pas leur entraînement là où ils l’avaient laissé, il recommence leurs exercices à la base pour monter en difficulté graduellement. Copie-les.
  • Prends contact avec d’autres auteurs via les réseaux sociaux. S’ils n’habitent pas trop loin de chez toi, vous pourrez même vous retrouver autour d’un café pour échanger sur vos expériences et vous entraider. Et pourquoi ne pas trouver un partenaire pour écrire un roman à 4 mains ?
  • Et si vraiment malgré tout, tu te sens seul et que l’ampleur de ce défi te dépasse, fais-toi accompagner par un professionnel qui saura t’orienter, te donner à nouveau confiance en toi et te soutenir jusqu’à ce que tu atteignes l’objectif que tu t’es fixé.

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