Le besoin de validation de l’écrivain

Caché derrière le doute et la solitude de l’auteur se profile le besoin extrême de validation qui titille tous les artistes. En effet aux yeux de tous écrire ne suffit pas pour pouvoir s’attribuer le titre d’écrivain. Pour gagner les lettres de noblesse, l’obtention d’une approbation quelconque semble indispensable. Sur ce point, les avis divergent. En quoi consiste le sésame suprême ? Est-ce l’adoubement d’un comité de lecture, des paires ou du public qui intronise au mieux l’écrivain débutant ?

  • La validation d’un comité de lecture

Les us et coutumes gardent toujours la peau dure. En effet, traditionnellement, un comité de lecture, et si possible d’une grande maison d’édition paraît le seul apte à émettre un jugement acceptable.

De quoi parle-t-on ? D’un regroupement de lecteurs (qui peuvent être des auteurs, des critiques littéraires, des étudiants en lettres, des enseignants ou de gros lecteurs), choisis par un éditeur. Sa mission consiste à lire les manuscrits reçus et à y effectuer une première sélection selon certains critères définis au préalable. En général, ce sont les suivants, mais pas obligatoirement dans l’ordre cité :

  • Qualités littéraires et style
  • Idées ou conception innovantes ou traitées sous un angle particulier.
  • Adéquation avec la ligne éditoriale. En effet, toutes les vraies maisons d’édition (je parle de celles à compte d’éditeurs, absolument pas, de celles à compte d’auteurs) définissent une ligne éditoriale.

Voilà à nouveau un terme à expliquer ! « La ligne éditoriale donne une cohésion globale à l’ensemble des œuvres éditées. Elle exprime l’identité d’une maison d’édition ou d’une collection. Elle permet à l’éditeur d’effectuer des choix parmi les manuscrits qu’il reçoit. » Je ne l’expliquerai pas mieux que Wikipédia. Mais ne transmettez pas une romance à une maison qui ne propose que des thrillers à son catalogue, vous perdez votre temps et le sien.

Maintenant, jetons un petit coup d’œil sur le fonctionnement le plus habituel de ce type d’instance décisionnaire.

Le nombre de manuscrits phénoménal que reçoivent chaque jour les maisons d’édition les submergent. De plus, la pandémie ayant aggravé la tendance des Français à écrire, Gallimard a annoncé il y a quelques semaines qu’elle fermait sa boîte aux lettres. Face à ces arrivées massives, la sélection du comité de lecture se joue bien souvent en trois étapes :

  1. Dès l’ouverture du courrier, les livres non conformes à la ligne éditoriale ou les œuvres manuscrites sont retournées d’office.
  2. Un lecteur survole le tapuscrit et se forge un avis en 5 minutes. En général, dès cette 2eétape, 95 % des livres s’entassent sur la pile des réexpéditions. Ils seront accompagnés d’un courrier type annonçant que « le roman ne correspond pas à la ligne éditoriale » ou « il n’a pas retenu notre attention ». Le contenu de votre histoire n’est pas abordé.
  3. Un ou plusieurs quidams lisent le manuscrit. À ce stade, les recalés recevront probablement une lettre personnalisée, mais l’éditeur n’étant pas tenu de transmettre des conseils littéraires, rien ne l’impose.

Comme vous pouvez vous en apercevoir, votre récit, même s’il s’avère de très bonne qualité, a peu de chances d’atteindre la dernière étape. C’est ainsi qu’André Gide faisant partie du comité de lecture de Gallimard a rejeté les écrits de Proust qui s’est tourné vers l’autoédition.

Si vous estimez indispensable la validation d’un comité de lecture et que sans cet aval, vous renoncez, vous risquez de priver la littérature d’une œuvre intéressante. Et surtout, vous serez tenté d’abandonner votre passion. Je comprends que le besoin d’une approbation extérieure soit profondément ancré en chacun de nous, mais je ne crois pas que ce sésame dépende exclusivement de la décision d’un comité de lecture d’une maison d’édition surchargée sous les demandes. De plus, vous ne pouvez pas oublier que les éditeurs doivent également faire tourner leur entreprise et que leur prise de risques se situe obligatoirement dans un bilan financier à équilibrer.

Vous avez patienté 6 mois et vous avez reçu quelques lettres de refus argumentées (ou non) ou tout simplement vous ne souhaitez pas choisir ce mode d’édition. Quelles autres pistes se présentent à vous pour rencontrer votre lectorat ?

  • La validation des pairs

D’autres écrivains pourraient immanquablement vous assurer de la valeur de vos œuvres, mais comment les solliciter ? Et si vous proposiez votre livre à un concours !

Ce type d’épreuve confrontera votre œuvre à l’avis d’un jury composé de professionnels du monde du livre. Je ne peux que vous encourager à vous tourner vers cet exercice très formateur. En effet, certains critères précis qui vont de la longueur du texte au sujet imposé régissent la construction des concours. Cette nécessité d’écrire sous contrainte vous permettra immanquablement d’améliorer votre écriture. Mais pour gagner, comme pour vous faire remarquer par une maison d’édition, vous devez faire preuve d’originalité, posséder une orthographe irréprochable et montrer vos talents dès les premiers mots. Tout cela sur un thème ou un format qui ne vous correspond pas obligatoirement.

Mais à côté de tous ces concours organisés conjointement à des salons ou par des libraires ou encore dans le cadre d’un événement annuel, les prix littéraires brillent par l’exposition qu’ils offrent. Bien sûr, vous n’espérez pas accrocher le Goncourt, le Renaudot, le Femina ou l’Interallié, mais vous en rêveriez.

Pour autant, le bien-fondé de ces grands prix pose aussi question. Certains les adorent et d’autres ne leur attribuent qu’un aspect commercial. Je me contenterais d’attirer votre attention sur un point particulier : les jurés me paraissent peu représentatifs du lectorat français actuel. De ce fait, peut-on leur accorder une vraie légitimité ? N’ont-ils pas principalement comme vocation d’augmenter les ventes d’un livre en apportant de gros bénéfices à un auteur et à son éditeur ?

De plus, ces jurys se révèlent excessivement lettrés et cultivés. Je ne suis pas convaincue que leurs goûts s’accordent avec ceux du lectorat français ordinaire. Bien sûr, ces prix littéraires ont pour objectif de récompenser la qualité d’une œuvre, mais peut-être ne doit-on pas négliger le goût populaire pour n’apprécier que celui d’un jury érudit. Ce n’est pas parce que les participants à ces jurys sont très cultivés que leur avis revêt une force supérieure et plus digne d’intérêt que celle de la masse des lecteurs.

La moyenne d’âge des jurés reste assez élevée. Je respecte leurs connaissances, mais je crois que cela entraîne peut-être une attirance pour des textes plus travaillés que ce que le lecteur lambda du 21e siècle aime.

Et si vous cherchiez une validation justement auprès des lecteurs d’aujourd’hui ?

  • La validation des lecteurs.

Rappelez-vous qu’au départ vous écrivez pour le plaisir et posez-vous cette question cruciale : si tout le monde me confirme le manque d’intérêt de mes histoires, vais-je pour autant arrêter de m’adonner à ma passion ? Je ne crois pas à une réponse positive. En effet, l’approbation des autres ne se révèle pas indispensable pour continuer à exprimer votre créativité. L’écriture vous offre une bulle de bien-être et les avis extérieurs ne doivent pas vous importer.

Cela étant même si vous écrivez pour votre plaisir, être lu demeure un objectif honorable et qui ne peut qu’augmenter la joie de raconter des histoires. Dans cette optique, ne croyez-vous pas que la seule validation légitime demeure celle des lecteurs ?

Quand enfin votre roman se trouve face à un public, le point de vue de ce dernier existera. Il vous impactera positivement ou négativement. Vous devez garder à l’esprit que l’opinion émise concerne votre texte et non vous. N’oubliez pas également que les réactions de vos lecteurs en disent autant sur eux que sur vos œuvres.

Écrire paraît compliqué pour beaucoup de personnes qui considèrent que tout le monde ne possède pas cette capacité. Ce point de vue permet à une certaine soi-disant élite de s’octroyer le droit de juger et de classer ce qu’elle estime destiné à la poubelle ou digne d’intérêt. Et si écrire consistait simplement à s’adresser aux autres ? Chaque auteur pouvant choisir son objectif de valeur égale. Pourquoi divertir, faire rêver ou voyager serait-il des buts moins louables qu’apprendre, réfléchir ou philosopher ?

Si vous acceptez cette perception des choses, il ne vous reste plus qu’à entrer en communication avec vos futurs lecteurs. Et pour cela, quoi de plus naturel que l’autoédition ?

Depuis 2011, cette possibilité s’est grandement développée en France et vous propose une nouvelle option. L’avènement du numérique a simplifié la démarche et en quelques clics vous pouvez offrir à un immense lectorat votre roman en version numérique, mais également broché en passant par une plateforme telle que celle d’Amazon KDP.

Pour suivre tous les conseils et toutes les actualités : inscris toi ici à la Newsletter.

Écrire un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *