Les doutes de l’écrivain

Entre écrire seul devant son PC et réussir à ouvrir ses pages vers l’extérieur, un gouffre qui se nomme le doute vous barre la route.

Comme moi, je suppose que l’étude des grands auteurs a envahi vos années de collège. Nos professeurs nous imposaient Hugo, Stendhal, Baudelaire et tant d’autres. Que vous les ayez ou pas, apprécier, oser se mettre sur le même niveau que ces monstres de la littérature vous paraît excessivement présomptueux. Vous les avez lus et aujourd’hui ils aggravent sérieusement votre manque de confiance en vous. Comment pourrez-vous vous autoriser à proposer vos histoires à des maisons d’édition qui ont publié ces géants ?

Et si l’autoédition pouvait vous ouvrir une nouvelle piste ? Ce moyen permet tout en restant caché derrière un pseudo et un écran de propager vos écrits à travers le monde.

Mais dites-vous bien que même si votre premier roman rencontre un vaste public, vous continuerez probablement à douter. Vous vous entêterez à attribuer votre succès à des éléments indépendants de la qualité de votre plume. Vous serez persuadé que les lecteurs se méprennent certainement. Vous attendrez, l’angoisse vous tordant le ventre, qu’ils s’aperçoivent que vos histoires ne les intéressent pas. Syndrome quand tu nous tiens !

Quand les premiers commentaires positifs apparaîtront, vous chercherez qui se cachent sous les noms fantaisistes accolés aux cinq étoiles décernées à votre œuvre. Vous serez convaincue que vos amies doivent en être les rédactrices, elles veulent vous rassurer. Pour une fois, vous ne doutez pas, vous savez que vous ne méritez pas ces compliments.

À ce stade, vous vous répétez que lorsque vous publierez votre deuxième roman, vous vous sentirez certainement plus sûre de vous et que ce vilain syndrome de l’imposteur sera peut-être devenu un vieux souvenir. Que nenni ! Il se développe crescendo. Vous êtes entrés dans la communauté des auteurs et vous avez le sentiment que tous ceux que vous côtoyez sur les réseaux sociaux sont sans nul doute de bien meilleurs écrivains que vous.

Puis vous découvrez les débats stériles qui tournent autour de la validation indispensable pour certains inutiles pour d’autres d’une grande maison d’édition.

Un conseil : à ce stade, cessez de vous comparer et de chercher autre chose que l’enthousiasme des lecteurs. Éditeur ou pas, vous écrivez pour le plaisir de raconter des histoires et pour entraîner vos lecteurs dans un univers de divertissement. Je vous assure que l’édition traditionnelle ne représente pas le Graal et n’empêche absolument pas les supputations.

Rappelez-vous que le doute est inhérent à chacun d’entre nous. Nous nous remettons en cause perpétuellement. Et juste derrière le doute se cache la peur. Cette peur d’échouer qui nous pousse quelquefois à ne rien tenter. Puis, en particulier pour une œuvre artistique, à côté de cette crainte de l’échec se niche celle du regard d’autrui.

Au début, l’enthousiasme nous porte, mais au long cours, la motivation s’effrite. Bousculé par une difficulté à respecter le temps que nous souhaitions consacrer à notre passion ou un résultat inférieur à celui escompté, le moral en prend un coup et le découragement pointe son nez. Le doute revient au galop et nous nous interrogeons sur l’utilité de cette angoisse que nous nous rajoutons. Nous en arrivons à ne plus croire en la possibilité de réaliser notre rêve et l’abandon se profile à l’horizon.

À ce stade, vous devez vous battre et un soutien familial, amical ou professionnel peut devenir indispensable. Quelqu’un de bienveillant qui saura vous ramener vers le cœur de votre passion et vous rappeler que vous avez les capacités de mener à bien votre projet, que vous êtes certainement aussi bon que tous les auteurs que vous côtoyer sur les réseaux sociaux.

Bien sûr, vous ne pouvez pas être le meilleur partout. L’écriture représente un exercice difficile qui cumule de nombreux écueils : les méandres de la langue française, l’imagination, la transmission des émotions… La liste peut encore sérieusement s’allonger.

Mais vous pouvez demander de l’aide. Si vous pensez que votre orthographe ou votre grammaire ne se situent pas à la hauteur de votre objectif, dites-vous qu’au fil des romans que vous rédigerez vous allez vous perfectionner. En attendant, prévoyez tout simplement un budget pour faire corriger par un professionnel. Pareillement si vous doutez de vos tournures de phrases, de la qualité de vos dialogues ou de la profondeur de vos personnages, faites appel à un conseiller littéraire. Ces investissements vous aideront dans vos apprentissages et également dans la construction de votre confiance en vous.

N’oubliez pas que c’est en forgeant que l’on devient forgeron. Plus vous écrirez, plus vos récits s’enrichiront. Ne vous laissez pas mener et encore moins dépasser par vos peurs.

Vous devez tordre le cou à ce syndrome de l’imposteur, accepter la légitimité de votre rêve et vous devez y croire. Douter prouve de votre intelligence, mais cela peut aussi bloquer votre créativité.

Osez et gardez à l’esprit qu’un auteur se définit par ses histoires puis par ses lecteurs. Écrire et conserver votre récit dans les fichiers de votre PC vous prive d’une partie de cette légitimité à laquelle vous aspirez tant.

 Pour éviter le retour de vos incertitudes, interrogez-vous :

  • Ai-je besoin de l’aval d’un éditeur pour être un vrai écrivain ? Non, les lecteurs m’offrent cette qualité.
  • Qu’arrivera-t-il si un de mes romans ne plaît pas ? Rien, je me lancerai dans la rédaction d’un nouveau.
  • La perfection existe-t-elle ? Absolument pas ! Elle ressemblerait à une paroi lisse. Aucune aspérité ne permettrait de s’y accrocher.

Ce constat établi, reprenez votre clavier et jetez-vous dans une histoire inédite !

Un professionnel peut vous aider à vous améliorer en enrichissant votre passion pour l’écriture, mais jamais en la transformant en une contrainte.

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